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TExtes et poèmes du 20e cycle
  Sonnet à la Rimbaud                                             Martine C.La marée gloutonne lèche les bancs de sable fin.Des vagues mousseuses s’épanchent lascivement.La mer déchainée étale son miroir sans tain.Le ciel tourmenté écrase les goélands. L’horizon s’en est allé perdu dans les gris D’une palette épaisse où s’unissent l’eau et l’air.L’odeur du sel et des lichens fouette les débrisD’une épave, sculpture de temps révolus et fiers. Pieds nus, elle marche sur le sable aux coquillages brisésTout l’appelle à s’abandonner aux flots endiablés.Soudain, un chien fougueux surgit, des plumes grisesDans la gueule, la vie et la mort amenuisées.  Ma douce                                                          Martine C.Endors-toi ma douce,Détends ta bouche,Détends tes boucles, Sur l’oreiller immaculé. Endors-toi mon cœur,Je veille sur ta bouche, sur ton cœur sur ton bonheur.Mes caresses effleurent ton front comme la fleur parfume ta couche,Fleur fragile comme ta bouche.Je chuchote à ton cœur ce que ta bouche dans ton premier sommeil répèteEt je répète mes caresses dans tes boucles, sur ta bouche.Voilà, tu dors, mon cœur, ma douce,Bercée à présent par les caresses célestes. Le village ressuscité                                           Monique M.C’était un petit village triste et désertéÉcrasé de soleil en été,Isolé l’hiver, en haut de ses chemins gelésTous les jeunes s’en étaient allés Un beau matin de printemps,Un p‘tit gars s’y arrêta pour un temps À la fontaine sur la place du villageIl admira les maisons d’un autre âge Il s’imprégna de la beauté du paysageÉcouta le chant des oiseaux de passageInspiré, il composa sur sa guitareUn hommage à ces lieux à part Un petit vieux, sur sa canne, tout courbé S’approcha pour l’observer et l’écouter.Surpris par cette mélodie fredonnéeIl en avait oublié de se méfier. Peu à peu, d’autres gens du villageS’approchèrent pour scruter son visageD’un sourire radieux, le p’tit gars les saluait Sans interrompre le chant qui les charmait. Dans ce village où il ne se passait jamais rien Quelque chose avait déjà changé et c’était bien Ce n’était encore qu’une petite étincelle, Née d’un évènement exceptionnel  A l’étranger, on offrit du lait, du fromage et du painTandis que les langues allaient bon train.On l’invita à visiter la vielle église désaffectée,L’ancien bistrot, depuis longtemps, déjà fermé  Séduit, le voyageur décida de poser là ses bagages,De s’installer pour de bon dans ce petit village. Il jeta son dévolu sur une bâtisse à l’abandonTravailla d’arrache-pied pour en faire sa maison Il y mettait du temps, du talent et du cœurLe village bourdonnait d’activités à toute heureOn échangeait conseils et coups de mainsEntre les villageois, Il s’était enfin recréé du lien Le village reprenait des couleursL’irrigation rétablie faisait pousser les fleursDans les potagers, depuis peu réaffectés,Les légumes montraient déjà le bout du nez Certains soirs, une grande table était dresséeOn y partageait des plats et un concert improviséOn discutait des projets nouveauxRien ne semblait trop fou ou trop beau Dans ce village où il ne se passait jamais rien Tout avait changé et c’était bien Il y circulait une énergie nouvelleNée d’un hasard providentiel  Sororité                                                                        Maïté P. Là-bas en août sur la colline, mon arbre.J’avais besoin de changer d’air, de quitter ma campagne pour aller faire un tour en ville.La vitrine de la modiste attira mon regard, moi qui n’avais pas une tête à chapeaux, je trouvais ça du plus haut chic.A mes côtés trois jeunes femmes, en blouson de cuir et à l’allure extravagante.  Je ne pouvais m’empêcher de les observer.  Elles dégageaient une complicité, une alliance telle une sororité qui m’avait toujours manqué. J’éprouvais comme une envie de les aborder mais sans oser, trop timide pour franchir ce pas.Un détail me frappait : l’une était maquillée à l’œil droit d’un rectangle rouge comme en surimpression, tel l’œil d’un cyclope captivant votre âme ; une autre arborait un poisson argenté que je trouvais très stylé au dos de sa veste. Qui étaient ces femmes ovnis ?  Allaient-elles à un bal costumé ?  Etaient-elles des actrices en manque d’accessoires ? Je dévisageais ces femmes magnifiquement décomplexées depuis un moment quand, gênée, je me suis détournée dans ma petite robe fleurie et suis repartie le nez au vent.    Et si…                                                                     Françoise G.    Un koala en képi sur le quai d’une gare.Un kangourou en costard à la porte d’une galerie d’art.Un casoar en bermuda sur le tabouret d’un bon bar.Un gecko en lunettes noires aux commandes d’un lupanar.Un émeu en casquette rangeant ses placards … — Qu’est-ce qui te passe par la tête, demande l’éditeur au dessinateur ? Tu as forcé sur le pinard ?— Leurs forêts sont cramées, leurs savanes bétonnées, leurs lacs pollués… Faut bien qu’ils vivent quelque part…— Je ne suis pas Greta Thunberg, je ne suis pas Paul Watson, s’énerve l’éditeur. Moi, je fais dans le rentable. Tu vas me remettre tes bestioles à leur place, et les idées des moutards aussi !—Ça va pas être possible, dit le dessinateur, regarde. Il y a un chien dingo qui fume ton cigare,  un autre qui fouille parmi tes falzars, un troisième qui  pionce dans ton plumard,et un dernier qui empoche tes dollars. Tu vois, pour toi c’est trop tard. Quant à moi, il me reste pour le moment mes crayons, mes rêves et mon clébard.  Sur la route                                                      Anne-Marie B.Et je roule, roule, roule sur la routeJusqu’au bout de la vieEt je roule, roule, roule sur la routeJusqu’à l’infini. Je roule et je regarde au loin.Je traverse le tunnel de la nuit.Je roule et je regarde au loin.Je veux voir le bout de ce tunnel Qui ne finit jamais. Extrait de la nouvelle « Koala perché » par  Gene HBrisbane, côte Est de l’Australie, janvier 2024. La gare s'étirait, engourdie par la chaleur (…)Ce fut un enfant, en voyage avec ses parents, qui le premier aperçut l’intrus. ( i. e. le koala)-Regardez ! papa, maman, un koala qui joue à chat perché ! s’écria- t-il, le doigt tendu vers le sommet du lampadaire.  Aussitôt les têtes se levèrent, les regards convergèrent et, en une fraction de seconde, les smartphones jaillirent. L’étrange scène était captée sous tous les angles et les vidéos, forcément, devinrent virales. Les commentaires affluèrent, mêlant émotion, colère et confusion.  « Les koalas sont plus que jamais en danger, ils fuient le bush dévoré par le feu » « Trop de protection tue la biodiversité : ces bêtes cherchent de nouveaux territoires »« Encore une négligence des autorités ferroviaires ! »« Trop mignon avec ses yeux ronds, ses grandes oreilles poilues.  J'aimerais le tenir dans mes bras, sa fourrure a l’air si soyeuse » !Dans cette montée soudaine de tension, l’ordre tomba : évacuation immédiate de la gare (…)(…) à suivre   Le musée du jouet                                   Denise D.Hello ! je m’appelle Beerly, je suis un ours brun du Canada… en peluche. J’ai vécu dans une famille où une petite fille m’a adopté comme animal de compagnie. Aujourd’hui on dirait "un doudou". J’ai été choyé, bercé, bringuebalé, par monts et par vaux. Elle ne pouvait dormir sans ma compagnie, et si d’aventure elle m’oubliait quelque part, son papa était obligé de venir me rechercher tant elle pleurait. J’ai eu une belle vie même si j’y ai perdu un œil, un bras et si mes jambes sont disloquées. Puis un jour, j’ai atterri dans une malle en osier au grenier où j’ai dormi très longtemps. Ici, au musée, on m’a redonné un œil, un bras, réparé mes jambes et restauré ma dignité. Le journaleux                                                Bernadette B.Avec mots raresCe pisse-copie néophobe utilise rarement le nom éponyme mais se perd dans des circonlocutions inénarrables. Il crache son fiel pour des vétilles et ahane, incapable d’équanimité. Il s’acharne nonobstant à choisir les mots idoines dans chaque article !  Nuit sans dormir                                                          Dany DTexte sans EIl n'arrivait pas à dormir. Il alluma. Son Jaz marquait minuit vingt. Il poussa un profond soupir, s'assit dans son lit, puis alla au living pour s'alourdir sur son sofa. Il alluma la TV, zappa jusqu'à un mauvais film sur RTL. Il vit un robot sauvant animal sur animal dans un zoo. Nanar total !