Extraits choisis
Montage de textes pour site
Écoute ma prière : Cécile J .
Lettre à mon corps
Oh toi qui me portes et me supportes depuis si longtemps
Toi qui cherches ma flexibilité dans le moindre mouvement
Toi qui me veux forte pour combattre tous les maux
Tu t'es enflammé dans une relation nerveuse
Tu as posé ta main au creux de ses reins
Et a allumé l’incendie
Qui anime maintenant cette sciatique
Pour l'étouffer de ton amour palpitant
Je t'en supplie, je t'en conjure
Apaise ta jalousie et sur la situation lâche prise
Desserre ton étreinte de feu
Et laisse à jamais ta bien-aimée respirer
Redeviens ce sacré muscle qui maintient mon dos à mes hanches
Sans me faire souffrir ni pleurer.
Suspens : Françoise G.
Elle marche vite, le souffle déjà un peu court. L’arrêt du bus n’est plus très loin ; elle espère arriver à temps. Elle traîne une petite valise et son sac à main en bandoulière heurte régulièrement sa hanche. Elle s’efforce malgré tout de presser encore un peu le pas. Elle glisse sa main libre dans sa poche et s’arrête, un peu décontenancée. Elle n’entend pas le bus qui arrive, la dépasse, s’arrête et repart. Elle ne réagit pas à la pluie qui commence à tomber. Elle sort la main de sa poche en tenant un objet dur, rond, froid, lourd.
– Mais alors… dit-elle.
Suite au prochain épisode.
Après la pluie : Laurence F.
Tantôt foulée par un pas lourd et traînant, comme s’il contenait toute la misère du monde ; tantôt par un pas léger et pressé me perçant de son talon aiguille et laissant dans son sillage un parfum enivrant, ma courte espérance de vie est intimement liée aux caprices d’une météo changeante.
Il m’arrive parfois d’être piétinée par des petites bottes sautillantes qui projettent alors en tous sens mes larmes de joie. Je me sens transportée de bonheur lorsque ces rires espiègles m’entraînent dans leur sillage pour des allers et retours qui semblent ne jamais devoir prendre fin.
Envole-moi : Cécile J.
Vent, mon bien-aimé,
Ta caresse défroisse mes plumes et enivre mon bec de tes senteurs. Herbe Pins, chênes et autres bois de tous horizons se réjouissent de tes câlins. J'ai protégé mes petits de mes ailes pour leur épargner tes foudres. Je me suis laissé glisser sur toi pour atteindre les vers, mes proies.
Aujourd'hui le temps a eu raison de moi. Je te prie d’exaucer un vœu sincère, une demande ultime. J'aimerais que, cet hiver, tu souffles plus fort et plus longuement pour m'emporter loin du froid et de la misère des nids vides.
Envole-moi vers des paysages ensoleillés, plus accommodants pour mon corps meurtri.
Emmène-moi vers les destinations dont je rêve depuis si longtemps. Je souris déjà à cette idée. Que tu me portes jusqu'au lointain, ma dernière demeure
Lettre à mon corps : Christine M.
Ô mon corps, que tu as été malmené ! Quelqu’un t’a pénétré sans ton consentement. Tu t’es envolé sous un coup violent d’un côté à l’autre d’une chambre en heurtant de la tête le sol et tu as bleui.
Le bourreau t’a emmené exprès trop tard en clinique, tu as perdu ton nourrisson en te rendant stérile pour le reste de tes jours et tu as fondu dans la dépression. Pour oublier tout, tu es parti afin éviter d’affronter tristesse et perte.
Ne sachant mettre en mots tout ce vécu, tu l’as mis en maux. La période du Covid étant là, tu t’es retrouvé tout isolé, tu n’as plus su fuir et tous les deuils t’ont effondré.
Tu t’es retrouvé enfermé dans une pièce en verre en tongs cassés, sans brosse à dents, sans dentifrice.
Tu t’es battu pour sortir et enfin tu as vu les oiseaux. Lorsque tu voyais les étoiles du firmament, tu avais l’impression d’être avalée dans le ciel. Tu te recroquevillais encore, sous des cris en occupant une infime partie du divan.
Le chien t’apportait joie, tendresse et jeux. A l’aurore, au crépuscule, tes pas s’ancraient sur les chemins et les rochers, au milieu de magnifiques paysages. Tu ouvrais tes poumons à fond pour respirer les effluves des pins et des tilleuls en fleurs, lors des pleines lunes qui magnifiaient le ciel étoilé.
Petit à petit tu t’es reconstruit comme l’arbre qui se relève après la tempête, qui porte ses blessures et vit avec les autres dans une forêt de charme en interdépendance et avec une grande résilience. Ton cœur s’est ouvert en ressentant qu’avec ce vécu, tu es plus grand qu’avant.
La secré-taire : Gene H.
Claudia a toujours cru en sa bonne étoile, bien qu’elle semble s’être éclipsée de son ciel ces derniers temps. La jeune femme regarde par la fenêtre du bus numéro 2 qu’elle prend tous les jours, à 7h30. En cette matinée frisquette de décembre, la vitre, qui lui sert de miroir, lui renvoie sans ménagement l’image d’une femme encore jeune, quelque peu négligée et aux traits tirés. Cela fait presque quinze ans qu’elle effectue le trajet entre Seraing et Liège, les yeux fixés sur le long ruban de la Meuse jusqu’ à l’abribus près du pont de Fragnée.
Elle fait la moue. Pourtant, à écouter son mari et ses enfants, elle n’a aucune raison de se plaindre. En tant que secrétaire, elle perçoit un salaire décent, alors que d’autres, dans la conjoncture actuelle, sont bien moins loties.
Mais elle aurait préféré devenir peintre ou sculptrice. Elle était douée en art. « Allons, Claudia, on ne peut tout avoir !» se réprimande-t-elle. « Rappelle-toi : tu désirais tant des jumeaux, et tu as été comblée. Peut-être pas au moment le plus opportun, après deux grossesses consécutives, mais ce rêve s’est réalisé. »
À la suite de ce double bonheur maternel, Claudia avait abandonné toute velléité de s’adonner à l’art, au profit d’une carrière de secrétaire, plus compatible avec l’éducation de la marmaille. Or, maintenant que ceux-ci grandissent, elle ressent cruellement un manque de sens dans sa vie.
L’élan d’inspiration tapi au fond d’elle tourne dans le vide, avorté après les remarques de son époux et de ses enfants qui lui répètent : « Ce n’est pas sérieux, tu perds ton temps ». À ces réflexions s’ajoutent ses propres coups de cravache « Souris un peu, ne te plains pas … »
Pourtant, la vie se résume à une succession de « bus, boulot, bus, biberon et bâcler le reste ».
Le comble, c’est qu’elle travaille en face d’une galerie d’art, un piquant rappel quotidien de ses aspirations frustrées.
Aujourd’hui, à l’approche de Noël, elle pense à sa bonne étoile. Reviendra-t-elle éclairer ses rêves de jeune fille ? Elle veut y croire, un jour…
Arrivée au travail, alors qu’elle a déjà démarré l’ordinateur et répondu à trois coups de fil, le patron l’appelle en vue de discuter de la restructuration de l’équipe. « Aïe… garde confiance, ma fille », se dit-elle.
Finalement Claudia apprend qu’elle sera transférée à la galerie d’art pour programmer et assurer la gestion des événements. À l’annonce du patron, son cœur bondit et son visage s’illumine d’un sourire éclatant.
Elle remercie son supérieur et considère cela comme un clin d’œil manifeste du destin. « Je serai au bon endroit », se dit-elle. Au diable les commentaires de l’entourage ! Dès maintenant elle se remet à peindre. Elle attend, en accord avec sa bonne étoile, un autre coup de pouce du
destin qui la propulsera sur le devant de la scène artistique « Sois patiente, tout arrive au bon moment ».
Naissance et Renaissance : Cécile J
Suite de la cigale et la fourmi
... Et bien dansez maintenant !
La cigale se sent trahie par cette réponse. La fourmi n'a visiblement aucune pitié. Pourtant, elle a profité des chants mélodieux qui l'ont portée joyeusement à son lieu de travail tout l'été.
La cigale, frustrée et triste, s'en va au centre-ville et pousse la porte d'un bar pour noyer son chagrin et oublier ses soucis.
L'ambiance est calme et la pièce éclairée, telle la salle d'opération d'un hôpital. Le silence lourd pourrait être coupé par un scalpel. Les vers et puces assis aux tables ont le regard morne.
Une idée vient à germer dans l'esprit de la cigale. Elle demande à la chenille-barman d'augmenter le son de la radio et de feutrer la lumière. La réflexion de la fourmi était peut-être risible mais pas dénuée de sens.
La cigale monte sur la plus grande des tables et commence à danser des claquettes. Hypnotisés par le spectacle, les insectes relèvent la tête. La chenille, toujours à l’affut pour attirer plus de clientèle, propose à la cigale de revenir pour danser les jours suivants.
Ainsi naquit le "Crazy Cricket"
La trace : Olivier H.
Est-ce que j’ai demandé à pousser là, dans ce virage, près de ce petit banc vert, au bord de cette pâture ? Quand on est de mon essence, on est fort par nature mais on ne choisit pas son sol. Alors on chope tout ce qui passe et on peut garder des souvenirs pour trois cents ans.
Prenez ce fil barbelé, par exemple : eh bien, je l’ai mangé ! Ça ne passe pas, je ne digère pas l’oxyde de fer. Ou ces gravures au couteau suisse, c’est du travail d’enfant mais avec le temps ça prend une patine, de jolies boursouflures.
Il y a aussi, un peu partout, tout ce qu’on a pu me clouer, me punaiser, me visser, tous ces types qui organisent des bals, des brocantes, des concours vinicoles et des foires à la saucisse. Ça me pique et ça m’agace, mais il faut bien que je participe !
Et puis, il y a cette grande plaque séchée par le soleil : entre les orties, on voit mon bois tout blanc et c’est un peu gênant. C’est une pauvre petite Peugeot qui a fait ça. J’ai été fort critiqué, on parlait de m’abattre !
Et, quoi ! Est-ce que j’ai demandé à pousser là ?
Lettre à mon corps : Françoise G.
Mon cher corps,
J’ai décidé de t’écrire à l’occasion de ton anniversaire. Ça tombe bien, c’est mon anniversaire aussi. Depuis tant d’années, vieux compagnon, je peux compter sur toi pour sentir, pour faire, pour me souvenir, pour rencontrer les autres… Ce petit vent frais sur mes bras nus qui me rend à mes sensations d’enfant, c’est grâce à toi ; ces mains qui préparent la pâte à tarte pour recevoir les amis, c’est grâce à toi ; cette longue balade dans les bois à scruter les lointains brumeux, c’est grâce à toi ; ces chants d’oiseaux qui me réveillent le matin, c’est grâce à toi. Depuis toujours les battements de cœur, le souffle ininterrompu, la veille et le sommeil, mes lunaisons de femme, les transformations successives que tu as connues ont rythmé ma vie, que j’y prenne garde ou pas.
Tu me parles aussi : ce ventre ballonné, c’est ma gourmandise ; ces épaules nouées, c’est le stress, cette douleur au genou, c’est dû à trop de jardinage, ces doigts un peu tordus, c’est la réalité de l’âge ; ces yeux bleus, c’est la trace de mon père, cette cicatrice sur mon bras c’est cet accident dont nous nous sommes remis.
Bien sûr, tout n’est pas toujours facile entre nous. Je t’ai reproché ce nez trop long à mon goût, ces dents pas assez blanches. Tu m’as fait connaître nausées, entorses, fièvre, courbatures dont je me serais bien passée. Nous avons traversé l’une ou l’autre maladie plus grave où je croyais que tu me trahissais. Mais en joignant nos efforts à ceux de la médecine, nous en sommes sortis et j’admire ta capacité de résistance et de réparation.
Un jour, je sais, nous perdrons la partie, c’est notre destin depuis toujours, et il faudra nous séparer. En attendant, mon cher corps, plus ou moins déglingués, plus ou moins émoussés mais aussi plus rusés, plus à l’écoute, commençons, toi et moi, cette nouvelle année de coexistence en soufflant gaiment toutes les bougies du gâteau de la vie.
Suite de la fable de Jean de La Fontaine
« …Eh bien, dansez maintenant »
La cigale ne se fit pas prier.
Déployant ses ailes,
Elle entama une danse endiablée.
La fourmi, outrée par une telle impertinence,
Détourna le regard de ce spectacle
Jugé médiocre à outrance.
Attirés par les vibrations du chant,
Bourdons, abeilles et sauterelles
Accoururent à tire d’ailes. Tire-d’aile :
« Voilà un bien beau spectacle,
Et pas cher ! », dirent-ils.
D’emblée, ils se mêlèrent à la ronde.
La fête dura jusqu’à la nuit
Et avec elle, la faim s’évanouit.
Pastiche « Les amoureux fervents et les savants austères »
Les petits nœuds méchants dans les cheveux s'enferrent.
Ils aiment également, pour une bonne raison,
Les peignes puissants pour poux, orgueil de la toison
Qui, comme eux, sont belliqueux et savent s'en défaire.
Mots à insérer : en italique dans le texte
Le vent chaud souffle, il ébouriffe mes cheveux et les touffes d'herbes sèches que foulent mes pieds nus. Je ne sais pas depuis combien de temps je marche. Le soleil est au zénith et mon corps peine à avancer.
Tout à coup, je suis au bord d'un précipice, l'angoisse me serre la gorge. Le vent soulève le sable et crée un épais brouillard qui descend dans la vallée profonde, recouvre et engloutit tout.
J'avance prudemment, à ma droite apparait une fillette. Elle trébuche et laisse tomber son biscuit dans le sable, le reprend, le frotte avec son petit doigt. Mais elle ne peut le manger. Sans surprise, elle se met à pleurer à chaudes larmes. Mais d'où surgit-elle dans ce décor sans arbre ni chemin ? Elle disparait, réapparait pour disparaitre à nouveau.
Soudain, un bruit assourdissant se produit à ma gauche. Je tends le bras et j'entends tomber un objet que je viens à peine de toucher. La cacophonie s'arrête instantanément. Je me frotte les yeux ; laborieusement, je m'assieds en repoussant les draps, je pivote et mes pieds touchent la moquette. Je vois le réveil par terre, sa batterie git avec à proximité le petit couvercle censé la retenir.
Je me lève en souriant et je me dis : " Ouf, je reviens de loin ! "
Pépé, chauve depuis longtemps, ne sort jamais sans sa casquette, c’est une affaire de principe.
Le problème c’est qu’il ne sait jamais où il la dépose. Mémé et lui cherchent alors dans toute la maison. Ils explorent les endroits les plus farfelus. Il faut dire qu’un jour ils l’ont retrouvée bien pliée dans le bac à légumes du frigo, sous la salade.
Aujourd’hui, Pépé ronchonne, affalé dans son fauteuil, fatigué de chercher. Découragé, il se lève pour aller au lit et c’est alors que Mémé la voit aplatie comme une crêpe dans le fond du fauteuil relax de Pépé !
-Non, je ne veux pas aller dormir !
La baby-sitter se fâche :
-Si, tu vas au lit.
-Non, je ne veux pas aller dormir !
-Qu'ai-je fait au ciel pour avoir un enfant pareil ! Si tu vas te coucher, tu auras un billet de 5 euros.
L'enfant hésite, puis hurle de plus belle :
-Non, je ne veux pas aller dormir !
Rentrés de leur sortie au théâtre, les parents s'en mêlent. Le papa prend sa voix douce :
-Si, tu vas au lit.
-Non, je ne veux pas aller dormir !
-Qu'ai-je fait au ciel pour avoir un enfant pareil ! Si tu vas te coucher, tu auras une belle tirelire pour mettre tous tes billets.
L'enfant hésite, puis hurle de plus belle :
-Non, je ne veux pas aller dormir !
La maman sourit :
-Si, tu vas au lit.
-Non, je ne veux pas aller dormir !
-Qu'ai-je fait au ciel pour avoir un enfant pareil ! Si tu vas te coucher, tu auras un coffre-fort blindé pour mettre toutes tes tirelires.
L'enfant hésite, puis hurle de plus belle :
-Non, je ne veux pas aller dormir !
La vieille voisine a tout entendu. Elle vient à la rescousse. Elle prend son air protecteur :
-Si, tu vas au lit.
-Non, je ne veux pas aller dormir !
-Qu'ai-je fait au ciel pour avoir un enfant pareil ! Si tu vas te coucher, tu auras un biscuit au chocolat.
L'enfant s'arrête de pleurer et demande :
-Avec un bisou ?
-Oui, un biscuit et un bisou, tous les deux au chocolat.
Alors, l'enfant se dirige vers son lit, fait un clin d'œil à la vieille dame et s'endort en chuchotant :
-A demain, chocolat...
J’ai décidé de t’écrire aujourd’hui, après tant d’années à te négliger. Je t’ai longtemps considéré comme un simple exécutant, un instrument soumis à mes désirs, prêt à satisfaire mes caprices. Je t’ai traité comme un outil qu’il fallait réparer au plus vite lorsqu’il tombait en panne pour en tirer le meilleur parti. Je t’ai usé, exploité, convaincu que tu devais être infaillible, te pliant à mes exigences sans jamais faillir.
J’ignorais tes limites, tes fragilités, tes besoins. Alors que chaque objet nécessite soin et réparation, j’imaginais que tu étais différent, que tu ne faiblirais pas. Cette illusion de toute -puissance a perduré jusqu’au jour où, fatigué de tant de mépris, tu as décidé de te révolter.
Dans ta sagesse silencieuse, tu as exprimé les tensions et les fatigues que je refusais d’admettre, les émotions que je réprimais sous les diktats de notre société. Tu m’as forcée à écouter ce que je refusais d’entendre, à voir ce que je ne voulais reconnaître.
Il est grand temps de décrypter cette sagesse que tu m’as toujours offerte. Je te suis profondément reconnaissante de m’avoir accompagnée à travers vents et marées, de m’avoir soutenue malgré les coups de cravache que je t’ai assénés. Désormais, c’est moi qui vais te soutenir. Je te fais le serment, certes un peu tardif, mais avec une sincérité renouvelée, de prendre soin de toi, et d’enfin t’écouter.
Sur le modèle de la fable « Le rat des villes et le rat des champs »
Autrefois, le rat des villes
Invita le rat des champs
A manger au MacDo
Après la fermeture.
Curieux, le rat des champs
Espéra faire un bon repas.
Alors qu'ils étaient en train,
Un bruit les alerta.
Vite cachés, ils surveillèrent
Et virent sous les lampes
Deux gars avec seringue
Occupés à se piquer.
« Sûrement, sont-ils inoffensifs !
Mais viens donc demain chez moi.
Les seules choses qui piquent
Sont les vertes orties.
Nous mangerons en paix,
Sans crainte d'être distraits,
Un fabuleux pique-nique
Composé de lombrics. »
Dans ma collection de cailloux, il y a : « un caillou dans la chaussure », « ne pas avoir un poil sur le caillou » et « un cœur de pierre ».
Celui dont je voudrais me débarrasser, c’est le caillou dans ma chaussure. Il me poursuit dans toutes mes aventures, ce qui n’est pas très confortable pour un voyageur au long cours. S’il avait été une petite émeraude, je l’aurais cajolée, mirée tous les soirs avant d’aller dormir. Mais pour mon malheur, le caillou dans ma chaussure est dur et pointu et me pourrit la vie. Il joue à cache-cache, me nargue et ricane :
J’ai pourtant consulté les plus grands spécialistes « en cailloux dans les chaussures ».
Par une nuit blanche, ma marraine la bonne fée, celle qui prépare la soupe avec trois fois rien et quelques cailloux m’a soufflé :
Depuis, je sautille, je danse et me réjouis même quand il pleut !
Les gens me regardent bizarrement, c’est peut-être parce que je n’ai plus un poil sur le caillou et que je me suis séparé de mon cœur de pierre, bien trop lourd à porter !
1962 : Nicole T.
Tu te souviens, On les a tous adoptés.
Lettre aux Quatre éléments : Christine M. Ô terre mère, toi qui portes les arbres si variés, le cœur des animaux, le chœur des oiseaux, le firmament des étoiles, la pluie, la mer enjouée, en mon cœur je te remercieNotre amie l’eau, toi qui portes nos reflets, qui en puissance et en tranquillité nous berces, j’admire tes chants, ta force, ta sérénité et te prie de continuer à nous régénérer Notre frère l’air, toi qui portes le vent, nos respirations, l’orage, les nuages, le soleil, l’immensité, nos paroles et pensées, en mon cœur je te remercie, attentive. Que ta pollution disparaisse en conduisant les hommes à te respecter. Soleil, je salue ta brillance, ta joie, ta chaleur transmises par tes rayons tendres et joyeux ou brûlants, tu illumines la terre, tu fais naître la joie, les sourires, les jeux, la détente. Je t’envoie ma gratitude Vous tous, je tiens à vous demander d’excuser toutes nos errances humaines, notre entêtement à polluer, briser, déforester, assécher et j’espère de tout cœur que nous allons mieux vous aimer et vous respecter.
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Extrait de la nouvelle (10p). Fil rouge « les rêves ».
François s'est levé de bonne heure ce matin. Même s’il a une vie sociale bien remplie, il aime se retrouver seul dans son bel appartement bruxellois. Situé dans la commune de Saint-Josse, son logement est au premier étage d'une maison bourgeoise construite au début du vingtième siècle. L'immeuble, comme bien d'autres, a été reconverti en appartements. François y partage même un jardin avec les autres occupants de la maison.
Il s'épanouit tant dans son travail d'informaticien qu'il en oublie de prendre ses jours de congé. Son boss, comme il l'appelle, lui a rappelé de prendre quelques jours de détente. Et donc aujourd'hui il ne travaille pas. Plus loin dans sa rue, le boulanger chez qui il a ses
habitudes a installé un espace « petits-déjeuners ». François s'y attable et commande un jus d'orange, une tasse de thé noir et deux croissants. L'étudiante qui d'habitude lui sert un café à emporter lui adresse un sourire interrogateur. Ce client commence manifestement une journée de délassement. Curieuse, mais polie, elle ne pose pas de questions
Le train pour Roubaix démarre dans vingt minutes, avec un changement à Mons. Direction : La Piscine. « La Piscine » de Roubaix est un ancien établissement de bains publics de style art-déco restauré et reconverti en espace muséal. Cette ville a un riche passé industriel aujourd'hui révolu. À une époque où l'idée d'une salle de bain dans chaque maison ouvrière était utopique, les bains publics étaient une avancée sociale. En ce moment, à côté des expositions permanentes, on peut y voir une exposition temporaire des principales œuvres d'Edvard Munch, dont le célèbre « cri » … (à suivre)
Je suis le mur de la cour de récréation de la petite école. Celui sur lequel on s’appuie pour manger un bout de biscuit, chuchoter des secrets vite oubliés, rire et pleurer, jurer dur comme fer qu’on est les meilleurs amis du monde.
Je suis le mur de la cour de récréation de la petite école. Traces de ballons projetés, d’empreintes de petites mains potelées, dansantes et impatientes : « un, deux, trois, piano » ou « loup y es-tu ? » Compter jusqu’à cent, pour un jeu de cache-cache.
Je suis le mur de la cour de récréation de la petite école. Traces de barres écrites à la craie pour comptabiliser les points gagnés ! Traces indélébiles de cœurs enlacés, gravées à jamais.
La cigale, la fourmi et la mésange : Nicole T.
La mésange en embuscade
Trouva cette remarque fort maussade :
« Cette attitude ne correspond pas à ma culture,
Écraser cette pauvre cigale dépasse toute mesure.
C’est alors que la mésange, toutes plumes dehors,
Apostropha la fourmi assez forte :
De quel droit, vous qui êtes si radine,
Vous permettez-vous de juger ainsi votre voisine ?